Musique / Rock is not dead / Psyché rock

IDLES / WAND GB/US

IDLES (GB)

Alors qu’on pensait l’abrasion anglo-saxonne des 70’s définitivement étouffée, voilà qu’une bande de gros bras de Bristol exhume une rage à guitare salvatrice.

Comme quoi, le bastion du trip-hop sait aussi gueuler. Car ces gaillards ne vivent pas avec une cup of tea dans le gosier. Trentenaires énervés, guitares soudées à la panse et une pinte dans chaque pogne, ils font hurler l’Angleterre depuis leur quotidien de boys next door. En piétinant le cliché du punk sans le sou (ils sont éducateurs ou dentistes), la bande à Joe Talbot flanque une dérouillée engagée, dans un humour épais, qui gronde depuis les comptoirs crasseux des pubs. Bien calé entre Sleaford Mods (la distorsion en rab) et Gang of Four, leur 1er album Brutalism secoue (enfin) les jupons de la Queen Mum.

WAND (US)

Après trois albums à la mélodie brillamment bruitiste, les Californiens injectent de la pop tortueuse dans le récent Plum. Quand la côte Ouest se pourlèche les guitares.

Depuis 2013, au lieu de bouffer des UV à l’entonnoir, Wand passe son temps à bricoler du rock dans son garage de Los Angeles. Prolifiques (quatre albums en quatre ans), ingénieux et aventureux, ils savent caresser une guitare pour la faire hurler sur le bas-côté. Fuzz au pied, les copains de Ty Segall n’ont jamais voulu choisir entre la poudre à canon et les effluves de rock psychédélique. Dans le dernier album Plum, Cory Hanson offre une liberté encore plus franche à son timbre élastique, parfois proche d’un Thom Yorke. Ou comment fricoter avec de la pop ambitieuse en gardant les doigts dans la prise.